Peut-on « Voir la musique » ? Derrière cette épineuse question se cache aussi le titre de l’exposition proposée jusqu’au 2 octobre prochain par l’artiste d’origine chinoise Shu Rui au CAUE 87 (autrement dit Le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Haute-Vienne) à Limoges.

Donner une matérialité à quelque chose d’aussi impalpable que la musique, cela semble un défi bien ambitieux. Shu Rui l’a abordé en se focalisant sur l’expression des artistes en train de chanter ou de jouer d’un instrument.

Elle a su capter l’importance que l’engagement corporel a dans la musique.

Nicolas Sarre

Initiateur de l’exposition

FTR

Pour saisir ces moments d’engagement musical, Shu Rui s’est immergée en 2021 au cœur de la 8e édition du festival L’Esprit des pierres qui se tient en septembre (cette année du 10 au 17 septembre). Porté par l’Ensemble Beatus – une formation dirigée par Jean-Paul Rigaud, spécialisée dans l’interprétation des musiques médiévales -, le festival propose 8 concerts à l’heure de la pause déjeuner dans des lieux emblématiques de Limoges. Le credo de ses organisateurs : s’approprier des répertoires de musiques anciennes pour faire de la musique ici et maintenant.  

Nicolas Sarre, l'iniateur de cette expo et adminstrateur de l'Ensemble Béatus, avec l'artiste peintre Shu Rui au CAUE à Limoges. (A. Abalo / France Télévisions)

Lors de sa résidence en 2021, Shu Rui s’est intéressée à ce moment particulier, celui qui précède l’entrée en scène. Car dit-elle, « à ce moment-là, les artistes sont comme nous, des gens quotidiens”. Ses 19 portraits en grand format sont très expressifs. Certains ont penser à ceux de la chanteuse de cabaret Yvette Guilbert immortalisée par Toulouse-Lautrec. Une délicatesse et une force intense semblent se dégager des mains, des regards et des corps des musiciens, entièrement tendus et comme aspirés par la pratique de leur art. 

Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art (Ensa) de Limoges, Shu Rui a réalisé plusieurs expositions à Limoges. En 2020, elle exposait au musée des Beaux-arts de la ville sous le titre Essentiel non-essentiel. A cette occasion, l’artiste peintre français d’origine chinoise, Yan Pei-Ming, de renommée internationale, était venu découvrir le travail de la jeune artiste qui vit à Limoges.

Ses œuvres, très colorées et dessinées d’après des photos, sont une juxtaposition d’objets, de couvertures de magazines, qui forment des sortes natures mortes. Elles racontent le monde actuel, la surconsommation, le confinement, la guerre…

Shu Rui "Saint Valentin" (détail) 2022 huile sur toile. (A. Abalo / France Télévisions)

Shu Rui a été invitée à exposer au musée de l’Armée à Paris à l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon Ier. En 2022, elle est proposée pour le prestigieux 25e prix Antoine Marin et prendra part à l’exposition “Peinture figurative : une nouvelle scène française” (2023-24) aux MASC – Musée d’Art moderne & contemporain des Sables d’Olonne, Musée Éstrine de Saint-Rémy-de-Provence, Musée des beaux-arts de Dole et Musée d’art et d’histoire de Saint Brieuc. 

Nicolas Sarre, l'iniateur de cette expo et adminstrateur de l'Ensemble Béatus, avec l'artiste peintre Shu Rui au CAUE à Limoges. (A. Abalo / France Télévisions)

Exposition « Voir la musique » par l’artiste Shu Rui à la galerie du CAUE 87 – 1 rue des Allois à Limoges – Du lundi au jeudi de 9h à 12h et de 14h à 17h. Le vendredi de 9h à 12h et de 14h à 16h – Entrée libre et gratuite.

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