Seul festival des Alpes-Maritimes dédié à la photographie contemporaine, L’image Satellite a choisi pour cette troisième édition de se focaliser sur les formes collectives de la création. Pour cela, trois parcours d’exposition sont proposés jusqu’au 15 octobre dans plusieurs lieux : « Au diapason ! » à Nice, « L’état des lieux » à Vence et « Don/Contre-don » à Mougins.

Un festival au programme foisonnant qui propose des expos à Nice, Vence et Mougins. (DR)

À Nice, le 109 (les anciens abattoirs de la ville de Nice reconvertis en Pôle des cultures contemporaines) propose Au diapason ! un parcours entre différentes pratiques collaboratives de l’image fixe. Deux collectifs de photographes sont à l’honneur : Tendance Floue et VOST.  

Le premier présente seize récits photographiques rassemblés sous le titre Fragiles. Seize photographes s’interrogent sur le monde, la croissance et ses conséquences souvent désastreuses pour la planète. Un regard sans concession mais non dénué de poésie et dans lequel l’imagination peut trouver sa place.  

Parmi ces regards, on peut citer celui de Gilles Coulon. Dès 1990, ce photographe français a trouvé en Afrique une puissante source d’inspiration. « Il a travaillé sur le quartier de Guet Ndar (NDLR un quartier de pêcheurs) à Saint-Louis au Sénégal en prenant le contrepied des images que l’on voit habituellement sur l’Afrique », commente Orphée Grisvard-Pontieux, le directeur artistique du festival L’image Satellite. « Il n’a pas travaillé avec des lumières éblouissantes mais avec quelque chose de très sombre, de très ténu. Il allait le soir dans les quartiers s’installer longtemps avec son appareil pour pouvoir construire ses cadres. »  

De 1990 à 2002, Gilles Coulon a consacré plusiers reportages photos à l'Afrique et notamment au Mali.  (Gilles Coulon)

VOST est l’autre collectif présent dans ce parcours d’exposition. Les six artistes de ce collectif ont imaginé une installation commune baptisée Météores. À la fois photographique et sculpturale, évolutive et modulable, elle interroge notre mémoire collective avec des questions simples : qu’est-ce qu’un événement historique ? Comment résonne-t-il aujourd’hui et quels espoirs pouvons-nous placer dans le futur ? Une dernière question qui semble terriblement d’actualité au regard des enjeux qui transforment le monde en vaste champ de bataille.

D’autres propositions, souvent loin des sentiers battus de la photo, sont à découvrir dans le parcours Au diapason ! Sous le titre Champs magnétiques, on découvre les travaux de sept photographes qui ont été associés à différents laboratoires de recherche en sciences humaines et sociales. Ces artistes ont posé leur regard sur des problématiques liées aux questions de genre, d’identité, de discrimination ou de rapport au vivant. 

Le deuxième parcours est intitulé L’état des lieux. Il réunit des propositions photographiques qui interrogent chacune à leur manière l’espace urbain. À la galerie du musée de la photographie Charles Nègre, le public peut découvrir le travail de la jeune plasticienne Amandine Mohamed-Delaporte. Elle a mené un travail de recherche documentaire sur la voie rapide de Nice (également appelée Autoroute Urbaine Sud ou Voie Pierre Mathis du nom de son concepteur) en mêlant archives, photographies et installations autour de cet ouvrage impressionnant du fait de ses nombreux ouvrages d’arts.

Troisième et dernier parcours : Don/Contre-don. Il propose aux visiteurs de naviguer entre Vence et Mougins, deux autres villes d’accueil du festival. L’Irlandais Tom Wood est ainsi à l’honneur au Centre de la photographie à Mougins. Cet autodidacte passionné d’expérimentation a arpenté Liverpool et les rives de la Mersey entre 1978 et 2001 muni de son Leica 35, dressant un portrait de la ville et de ses habitants.  

Enfin, c’est sous l’angle de la transmission que l’image fixe est déclinée avec la restitution d’un atelier audiovisuel mené en 2022 à la maison d’arrêt de Nice auprès de détenus, par les associations Sept Off (organisatrice du festival L’image Satellite) et Il était un Truc… Durant une semaine, ils ont proposé à six participants de réaliser un film photographique qui interroge le rapport entre images, gestes, marches, démarches, objets et récits. La marche est affaire de liberté c’est le (joli) nom de ce projet à découvrir à la galerie basse fontaine à Vence.  

À noter que de ce festival L’image Satellite s’insère dans une initiative inédite à Nice. Baptisée L’Automne de l’image, elle célèbre le temps d’une saison (du 23 septembre au 4 décembre) le cinéma, la photographie et la vidéo, à l’échelle d’un territoire. L’Automne de l’Image fédère ainsi plusieurs festivals et événements dédiés à l’image fixe et animée : L’image Satellite jusqu’au 16 octobre ; le 22e festival européen du court-métrage de Nice du 7 au 14 octobre 2022 ; les Rencontres Cinéma et Vidéo du 24 au 26 novembre et OVNI (pour Objectif Vidéo Nice), festival international d’art vidéo du 18 novembre au 4 décembre.

Le 109 – pôle de cultures contemporaines – 89 Route de Turin – Nice jusqu’ au 15.10 mer > sam 14h – 19h 

Galerie du musée de la photographie Charles Nègre, 1 Place Pierre Gautier – Nice jusqu’ au 6.11 mar > dim 10h – 12h30 & 13h30 – 18h 

Galerie basse fontaine à Vence -2 Place Antony Mars –  Vence jusqu’au 5.11 mar > sam 10h – 12h & 15h – 19h  

Centre de la photographie à Mougins – 43 rue de l’Église – 06250 Mougins tous les jours sauf les mardis 11h à 20h 

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