La superstar colombienne est appelée devant la justice espagnole à partir de lundi. Accusée d’une fraude fiscale évaluée à 14,5 millions d’euros, elle risque une peine de huit ans de prison et une amende de 23,8 millions d’euros, requises par le parquet.

Shakira, la chanteuse aux 80 millions d’albums vendus, a conquis le monde avec son déhanché oriental, son puissant vibrato et ses rythmes latinos, mais la « rockera » colombienne doit maintenant convaincre un autre public : les juges. La star internationale doit comparaître à partir de lundi 20 novembre 2023 devant un tribunal de Barcelone pour une fraude fiscale évaluée à près de 14,5 millions d’euros.

Convoquée à 10H00 (09H00 GMT), l’artiste colombienne de 46 ans devra répondre aux accusations du parquet qui a requis à son encontre une peine de plus de huit ans de prison et une amende de 23,8 millions d’euros. Ce procès doit durer jusqu’au 14 décembre avec un total de près de 120 témoins.

Le parquet accuse Shakira de ne pas avoir payé ses impôts sur le revenu et sur le patrimoine en Espagne en 2012, 2013 et 2014 alors qu’elle avait vécu, selon lui, plus de la moitié de l’année dans le pays, seuil au-delà duquel une personne doit être considérée comme résidente fiscale.

L’interprète de Waka Waka ou de Hips don’t lie, qui a encore triomphé jeudi soir aux Grammy Latinos à Séville, rejette catégoriquement ces accusations et se dit « absolument certaine de son innocence« .

Selon le parquet, la chanteuse aurait utilisé un montage complexe de sociétés basées dans des paradis fiscaux « dans l’intention de ne pas payer ses impôts » dans le pays. Les avocats de la star réfutent ces accusations et assurent que, même si Shakira avait entamé en 2011 une relation avec l’ex-footballeur du FC Barcelone Gerard Piqué, dont elle s’est séparée en 2022, elle n’a cessé de se déplacer à travers le monde durant ces années-là en raison de sa carrière.

Ils affirment que la chanteuse ne s’est établie de façon pérenne à Barcelone que fin 2014, avant de transférer en 2015 sa résidence fiscale des Bahamas en Espagne, juste avant la naissance de leur deuxième enfant. Shakira « a scrupuleusement respecté toutes ses obligations fiscales dans les multiples territoires où elle a eu des activités professionnelles« , ont fait valoir ses défenseurs dans un écrit, en rappelant que la star avait déjà versé 17,2 millions au fisc dans ce dossier en vue de régulariser sa situation.

Cet été, le parquet espagnol a entamé une autre procédure contre la chanteuse qu’il accuse d’une autre fraude fiscale en 2018, estimée à six millions d’euros.

La chanteuse, qui est partie s’installer à Miami avec ses deux enfants suite à sa séparation l’an dernier avec Gerard Piqué, pourrait être dispensée par le tribunal d’assister à toutes les audiences. Mais qu’elle soit là ou pas, elle risque de voir une partie de sa vie déballée dans la salle d’audience.

En effet, afin de démontrer ses accusations, le fisc espagnol a interrogé ses voisins, vérifié ses comptes sur les réseaux sociaux, contrôlé ses dépenses dans des salons de coiffure de Barcelone ou dans la clinique où elle était suivie pour sa grossesse et décortiqué celles de ses proches.

Des « méthodes inacceptables », selon les avocats de Shakira, qui a vu par ailleurs son nom apparaître dans les « Pandora Papers« , une vaste enquête journalistique publiée fin 2021 et accusant plusieurs centaines de personnalités d’avoir dissimulé des avoirs dans des sociétés offshore, notamment à des fins d’évasion fiscale.

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