Cette caméra numérique, la plus puissante jamais construite et à laquelle la France a participé, va scruter l’univers et ses mystères en photographiant quotidiennement une large partie du ciel visible depuis le nord du Chili.

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L'observatoire Vera C. Rubin situé sur la colline de Pachon dans la région de Coquimbo au Chili, le 24 janvier 2024. (JAVIER TORRES / AFP)

Un très gros appareil photo est en route vers la cordillère des Andes. De la taille d’une petite voiture et d’un poids de 2,8 tonnes, le dispositif sera installé sur un télescope en construction et permettra de scruter le ciel comme jamais auparavant. Il doit être installé dans les prochains jours à l’observatoire Vera C. Rubin, du nom de l’astronome américaine qui a découvert la matière noire, qui est situé à 2 700 m d’altitude.

Le dispositif sera doté d’un capteur numérique de 3 200 mégapixels, et pour voir une de ses images il faudra plus de 300 téléviseurs haute définition de taille moyenne combinés. Une fois installée sur son socle sous le ciel très pur des Andes chiliennes, cette caméra LSST (Legacy Survey of Space and Time, « L’héritage de l’espace et du temps » en français) aura dix ans pour réaliser le film le plus précis de l’univers à sa portée, qu’elle fixera nuit après nuit avec une résolution record de trois milliards de pixels. « L’objectif est d’observer l’univers de son enfance jusqu’à aujourd’hui », explique Pierre Antilogus, responsable pour le CNRS de la contribution française à cette caméra, au sein du laboratoire IN2P3.

« La LSST va reconstituer non seulement l’univers dans tout son volume, mais aussi voir des phénomènes astrophysiques cataclysmiques, des explosions de supernova, des noyaux actifs de galaxies ou les astéroïdes de notre système solaire. »

Pierre Antilogus, CNRS

à franceinfo

L’autre objectif pour les chercheurs est de mieux comprendre deux composantes majeures de notre univers : la matière et l’énergie noires. Elles sont invisibles à nos yeux mais dont on observe les effets. « L’histoire de l’univers peut être résumée en un combat entre l’énergie noire qui est le moteur de l’expansion de l’univers et la matière noire qui domine au niveau gravitationnel l’Univers qui a tendance à freiner son expansion, explique Pierre Antilogus. Ça reste aujourd’hui deux grosses questions de comprendre ce que sont ces composants qui représentent plus de 95% du contenu de l’univers et dont on sait si peu de choses. »

D’un coût d’environ 800 millions de dollars, la caméra géante commencera à réaliser ses premières images au cours du premier semestre 2025.

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