\"Le Genou d\'Ahed\" de Nadav Lapid
« Le Genou d’Ahed » de Nadav Lapid (PYRAMIDE DISTRIBUTION)

Il y a deux ans Nadav Lapid promenait son personnage de Synonymes dans les rues de Paris, où il disait tout le mal qu’il pensait de son pays, Israël. Dans Le Genou d’Ahed, prix du jury à Cannes, le réalisateur met en scène Y, son alter ego et cette fois, cette colère explose. Y, le très physique Avishalom Pollak, et pour cause, il est aussi chorégraphe, vit une expérience que Nadav Lapid a lui-même vécue : invité dans un centre culturel aux fins fond du désert pour y présenter son film, il doit signer un formulaire dans lequel il s’engage à ne pas aborder certains sujets gênants lors de la discussion avec le public.

Le personnage commence comme une sorte de super héros et termine comme un humain, avec toute sa faiblesse.

Le réalisateur Nadav Lapid

Dans un flot de paroles aussi percutantes que des balles, Y dit alors tout son dégoût pour ce que devient son pays, où la liberté artistique est autant entravée par les autorités que par une sourde autocensure. Porté par des images survitaminées, Nadav Lapid convoque les souvenirs violents de son service militaire et le fantôme de sa mère, récemment disparue, et qui fut sa monteuse. Une introspection sans pudeur, brillante et dans laquelle il ne s’épargne pas.    

Dune est l’adaptation réussie, celle-là, du classique de la science-fiction signé Franck Herbert en 1965. Pari gagné donc pour le québécois qui a avait déjà réussi la suite de Blade Runner en 2017. Dune n’est plus un film maudit et Denis Villeneuve prouve une fois de plus que dans ses rapports complexes avec Hollywood, il parvient au bon équilibre entre blockbuster et vrai cinéma.

Timothée Chalamet a un charisme dément, je n’avais pas de plan B, c’était lui ou rien.

Denis Villeneuve

C’est en restant fidèle au roman et en misant sur les grands décors dans l’espace infini des déserts du Moyen-Orient que le réalisateur nous embarque dans cette histoire qui brasse des enjeux très actuels : l’intelligence artificielle, le déclin de la nature, la religion et la géopolitique des drogues ; à tel point qu’on voit dans la très convoitée planète Arakis, une métaphore de l’Afghanistan.

Dans un futur lointain, le prince Paul Atréides doit contrôler Arakis pour le compte d’un empire qui se retourne contre son propre peuple. Il mène des combats héroïques tout en étant habité par des voix qui annoncent la suite. Après Call Me by Your Name et Les Filles du docteur March, l’acteur franco-américain Timothée Chalamet est apparu indispensable à Denis Villeneuve qui ne voyait personne d’autre pour le rôle.    

Comment ne pas succomber au charme et au talent d’Anaïs Demoustier filmée sous toutes les coutures par la réalisatrice Charline Bourgeois-Tacquet, dont le premier film est à l’image de son personnage principal. Anaïs a 30 ans, pas un rond, des liaisons compliquées avec la réalité, les hommes et la vie, mais elle court, sans cesse. Trop sans doute pour le public, mais quand elle rencontre la femme de son amant, une écrivaine qu’elle admire aussitôt, débute une autre histoire, profonde, sensuelle, troublante, qui donne à Anaïs Demoustier et Valeria Bruni Tedeschi une partition qu’elles enchantent pour notre plus grand plaisir.                    

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