Le procès de dix-sept personnes, jugées pour un harcèlement aggravé en ligne visant le chanteur Eddy de Pretto, s’est ouvert lundi 3 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris. Agés de 20 à 26 ans, les jeunes prévenus interpellés un peu partout en France, sont renvoyés devant le tribunal pour le cyberharcèlement haineux et homophobe du chanteur – présent au premier rang, à l’audience – à la suite d’un concert qu’il avait donné à l’église Saint-Eustache, à Paris, en juin 2021.

Invité à se produire dans le festival « Qui va piano va sano », Eddy de Pretto avait interprété son morceau « A quoi bon » évoquant les difficultés à concilier son homosexualité et la religion. « Je crois que je n’suis pas prêt pour obéir à ta Bible (…) Je sais ce qui te plaît, je crois que je n’ai pas lu les bons livres/Mais tu me diras +nan, c’est trop, tu n’es pas assez sain+/Pour venir dans tes rangs, il faut n’avoir fait presque rien », avait alors chanté Eddy de Pretto.

Evoquer ces thèmes-là au sein même d’une église? « Je l’assume pleinement », a lancé le chanteur, appelé à la barre. « Mon désir était de poser des questions en tant qu’artiste sur des thématiques cruciales et majeures, je pensais pas que ça pouvait avoir des retours aussi néfastes. »

A l’issue de sa performance, postée sur Instagram, il reçoit en effet près de 3 000 messages d’insultes et de menaces de mort sur les réseaux sociaux, comme l’a confirmé à l’audience son avocat Nicolas Verly. Des messages de haine qui l’ont incité à s’attacher les services d’un garde du corps et à déposer une plainte, déclenchant une enquête ouverte par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PLNH) du parquet de Paris.

« J’ai eu très peur de sortir de chez moi, des troubles du sommeil, (…) des troubles dépressifs, j’arrivais pas à comprendre cette violence », a témoigné le chanteur, notant que le curé de Saint-Eustache lui avait « exprimé tout son soutien ». Les prévenus – douze présents, cinq absents – seront jugés des chefs de harcèlement en ligne, avec incapacité totale de travail (ITT) de plus de huit jours, et harcèlement en ligne avec ITT de plus de huit jours, commis en raison de l’orientation sexuelle de la victime. Le procès doit durer jusqu’à vendredi.

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