Pour autant Pierre Schill ne pense pas qu’à ce stade, Emmanuel Macron envisage d’envoyer des troupes sur la ligne de front, « au sens premier du terme ».

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Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, lors d'une visite aux soldats français déployés en Roumanie avec l'Otan, le 23 mai 2022. (DIDIER LAURAS / AFP)

« Peut-être qu’une marche supplémentaire devra être franchie, de façon à marquer encore davantage notre volonté en appui des Ukrainiens », avance mercredi 3 avril sur France Culture Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, concernant l’hypothèse de l’envoi de troupes occidentales en Ukraine. À plusieurs reprises en effet ces dernières semaines, Emmanuel Macron a affirmé ne pas exclure cette éventualité, précisant qu’il n’y avait « aucune limite » ni « ligne rouge » au soutien de la France à Kiev.

Pierre Schill ne considère pas pour autant que cela revienne à « envisager d’aller combattre au sens premier du terme, sur la ligne de front ». « Je suis certain que ce n’est pas ce qu’a dit le président de la République à ce stade », affirme le chef d’état-major de l’armée de Terre. Pierre Schill rappelle que la France fait partie de l’Otan et que dans ce cadre, « aujourd’hui il n’y a pas de perspective que notre pays puisse être agressé par la Russie sans que l’Otan soit dans sa globalité agressé ».

« Nous ne sommes pas seuls face à la Russie », soutient-il. Le chef d’état-major de l’armée de Terre insiste également sur la « dissuasion nucléaire » dont est dotée la France et qui « est destinée à nous protéger de menaces contre nos intérêts vitaux ». Il estime qu’actuellement « les intérêts non-vitaux peuvent être menacés directement » ainsi qu’à travers les alliances de la France. Mais Pierre Schill met en avant les « accords de défense », ajoutant que les armées françaises sont « taillées aujourd’hui à la mesure de cette stratégie générale ».

S’il reconnaît que « l’armée française ne sera jamais complètement prête », le chef d’état-major de l’armée de Terre soutient qu’aucune « armée ne sera prête à rentrer directement dans un conflit ». Il est en revanche catégorique : « Si par malheur, il y avait une déflagration au niveau mondial, ou en Europe, les soldats français répondront présents et défendront leur pays avec toute leur force », assure Pierre Schill. Il estime que l’armée pourra être davantage prête dans « quatre ou cinq ans », grâce à la loi de programmation militaire 2024-2023, qui prévoit notamment une hausse du budget du ministère des Armées. « Nous serons davantage prêts parce que nous aurons reconstitué, ou constitué, des stocks de munition (…) et acquis des équipements », explique-t-il.

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