Le château de Chambord célèbre cette année le bicentenaire de son ouverture au public, et en profite pour inaugurer ce week-end un nouvel espace permanent consacré à la vie du château pendant la Seconde Guerre mondiale, devenu le plus vaste dépôt d’œuvres appartenant aux musées nationaux dont le Louvre.

Article rédigé par

France Télévisions Rédaction Culture

Publié Mis à jour

Temps de lecture : 1 min.

C’est un pan méconnu de l’histoire du Domaine national de Chambord : son rôle essentiel dans la préservation de chefs-d’œuvre des musées nationaux durant la Seconde Guerre mondiale. Dès 1939, Chambord se transforme en immense dépôt pour accueillir les collections et ainsi les soustraire aux nazis, mais aussi pour les protéger des bombardements, allemands puis alliés. Une histoire à découvrir dans de nouvelles salles permanentes d’exposition qui ouvrent au public ce week-end.

« C’est prodigieux de voir comment les conservateurs à l’époque ont œuvré à la préservation des collections (…) comment ils ont su aussi cacher des œuvres dans des entrepôts qui étaient officiels. Tout ça était connu, les Alliés étaient prévenus pour ne pas bombarder Chambord, et les Allemands ne savaient pas toujours quelles œuvres étaient ici. Par exemple, quand la Joconde est passée ici, c’était secret. Elle est même passée plusieurs fois avant de rejoindre le sud de la France« , raconte Jean d’Haussonville, directeur général du Domaine national de Chambord.  

Fin août 1939, la Joconde quitte le Louvre pour Chambord avec cinquante autres tableaux exceptionnels. En tout, près d’une quarantaine de convois arriveront au château chargés de milliers d’œuvres, toiles, sculptures et autres trésors nationaux. Certaines œuvres n’y passeront que quelques semaines ou mois avant d’être envoyées vers d’autres châteaux de la Loire ou cachées dans des refuges situés plus au sud ; d’autres en revanche resteront à Chambord pendant tout la durée de la guerre.

« L’exposition nous montre aussi la vie quotidienne d’un dépôt qui est devenu un musée. C’est-à-dire qu’on inspecte les œuvres, on en envoie certaines en restauration, on les sort des caisses, on les déplace de temps en temps. On a d’un côté un musée qui se vide et de l’autre un château qui devient musée et se remplit progressivement d’œuvres dont il faut assurer la conservation« , précise Yannick Mercoyrol, directeur Patrimoine et Culture au Domaine national de Chambord.

Chambord 39-45 : « Sauver un peu de la beauté du Monde » – exposition permanente – Domaine national de Chambord – Renseignements et réservations sur le site du château.

Source

D'autres articles pour vous