La vague de chaleur, venue supplanter la crise sanitaire le temps d’un été, a ceci d’inquiétant qu’elle va aller s’amplifiant au fil des années. Le scénario catastrophe du réchauffement climatique qui nous semblait lointain, à l’horizon 2050, voire au-delà, frappe donc dès maintenant à notre porte.

Il ne se passe plus un jour sans qu’éclate un incendie de forêt ou qu’un département soit déclaré en état de restriction d’eau – 93 au compteur vendredi dernier, à des degrés divers. Le plus étonnant, dans les reportages radio ou télé, sont ces Français de toutes les générations, en ville, à la campagne, qui accusent désormais, d’une seule voix, le dérèglement climatique. Ce fléau, agité jadis par une poignée d’écologistes, s’impose dans l’opinion au même titre que le pouvoir d’achat, l’emploi ou la sécurité

C’est pourquoi Elisabeth Borne a mis en place vendredi une cellule interministérielle de crise. Jusque-là, c’étaient les préfets de département qui avaient la main pour décider d’éventuelles mesures de restriction quant à l‘usage et la consommation d’eau. Il ne s’agit pas seulement de donner l’illusion d’un gouvernement mobilisé, prenant le contrepied du désastre de la canicule de 2003.

Agriculture, industrie nucléaire, vacances, tous les secteurs sont touchés. La Première ministre a sonné la mobilisation pour tenter de parer à l’urgence. « Si nous ne diminuons pas nos habitudes de consommation, on aura des épisodes à répétition », a prévenu Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique, sans doute désireux d’éteindre le début d’incendie sur la supposée incurie des gouvernements.

Les nappes phréatiques étaient au plus bas, la canicule à répétition a fait le reste. Prévisible ou pas, c’est toute une politique de la gestion de l’eau qu’il faut repenser. Les retenues d’eau sont insuffisantes : à titre de comparaison, l’Espagne dispose de deux fois moins de ressources en eau que la France mais a mis en place des capacités de retenues cinq fois supérieures. La France recycle moins de 1% de ses eaux usées contre 8 % en Italie, 15 % en Espagne, 90% en Israël.

Oui, le défi climatique va s’imposer dès la rentrée. Il y a du chemin à faire. Toutes les énergies, y compris l’expertise des écologistes, sont les bienvenues. Pour une menace majeure qui appelle à transcender les courants politiques.

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