La réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion, première femme à avoir décroché une Palme d’or à Cannes (pour La leçon de piano en 1993), est de retour après douze ans d’absence avec un western psychologique, The Power of the Dog, qui interroge la masculinité toxique.

Le film, qui a obtenu le Lion d’argent de la Meilleure réalisation à la dernière Mostra de Venise, ne sort pas en salles en France, où seuls les abonnés à la plateforme américaine Netflix pourront le visionner à partir du 1er décembre.

Adapté du roman éponyme de Thomas Savage, ce long-métrage de plus de deux heures entraîne le spectateur dans un ranch du Montana en 1925. La vie du célibataire endurci Phil Burbank (Benedict Cumberbatch) est bouleversée par l’arrivée de la nouvelle femme de son frère, le plus affable George. Ce dernier a épousé en secret une jeune veuve, Rose (Kirsten Dunst), qui arrive avec son fils Peter issu de son précédent mariage.

Rendu furieux par ce changement, le cruel Phil se met à harceler la nouvelle venue et son fils, un garçon sensible qui ne cadre pas avec son idée de la virilité, créant une atmosphère toxique et une tension aux limites du supportable dans ce lieu perdu au milieu de paysages magnifiques et quasi déserts (le film a été tourné en Nouvelle-Zélande).

« D’une certaine manière, c’est un huis clos, et c’est presque comme s’ils étaient sur une petite embarcation au milieu d’un océan. Car même si le paysage est grandiose, on se sent isolé : c’est immense et très solitaire à la fois, tout particulièrement pour Rose« , analyse Jane Campion, âgée de 67 ans.

A petites touches, la réalisatrice peint un tableau de cette société corsetée de cow boys au bord de l’implosion, où domine une morale sévère et où la place des femmes est encore bien exiguë. Peu à peu, les « squelettes » de chacun des personnages sortent du placard, brouillant l’image que se donnent les protagonistes.

« C’est le portrait d’une époque, et quelques femmes pourraient être légèrement frustrées par le personnage de Rose, mais à cette époque beaucoup de femmes n’avaient pas tant de choix« , reconnaît Jane Campion, qui met en scène pour la première fois des premiers rôles masculins.

La Leçon de piano, Palme d’or à Cannes en 1993, « prend le point de vue des femmes en explorant la sensualité. Ce film prend davantage la perspective des hommes« , explique-t-elle. A noter que la musique du film est signée Jonny Greenwood de Radiohead.

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