Un arrêté autorise la mise en place d’une plateforme flottante à Paris, destinée à l’atterrissage et au décollage de taxis-volants pendant les Jeux olympiques. Mais de quoi s’agit-il et à quoi vont-ils véritablement servir ?

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Un taxi volant de l'entreprise Volocopter en démonstration au-dessus du Salon du Bourget le 21 juin 2023. (STEPHANE MOUCHMOUCHE / HANS LUCAS)

À moins de trois semaines des Jeux olympiques de Paris, le gouvernement lève un obstacle au déploiement de taxis volants électriques dans la capitale. Un arrêté publié mardi 9 juillet autorise la mise en place d’une plateforme flottante pour le décollage et l’atterrissage de ces engins durant les JO.
Un feu vert attendu depuis plusieurs mois par le groupe Aéroports de Paris. De son côté, la mairie de Paris est farouchement opposée à ce projet expérimental.

Un taxi volant est un engin à mi-chemin entre l’insecte et l’hélicoptère, avec une sorte de couronne au-dessus du cockpit où tournent 18 hélices alimentées par des batteries électriques. Le taxi volant a une autonomie de 30 kilomètres et peut atteindre les 110 km/h. Il ne transporte qu’une seule personne, en plus du pilote. C’est une entreprise allemande, Volocopter, qui fabrique ceux qui survoleront bientôt Paris.

L’ambition est de faire circuler ce type d’appareils sur plusieurs lignes, notamment entre les aéroports Charles de Gaulle-Étoile et Le Bourget, mais aussi entre l’héliport d’Issy-les-Moulineaux et une barge positionnée sur la Seine à proximité du quai d’Austerlitz, en plein Paris. C’est à cette plateforme flottante que le gouvernement vient d’ailleurs de donner son feu vert.

Pour le moment, il n’est pas question de commercialiser ces lignes car les porteurs du projet n’ont pas encore obtenu la certification européenne. Ils devront donc se contenter de vols de démonstration gratuits pendant la durée des Jeux. Ces tests auront lieu entre 8 heures et 17 heures et pas plus de deux décollages et/ou atterrissages par heure, comme le précise l’arrêté. La phase expérimentale devra prendre fin au plus tard le 31 décembre prochain. Aéroports de Paris, à l’origine du projet, profite des JO pour promouvoir ce nouveau mode de transport censé décongestionner le trafic en Île-de-France.

Mais le projet est vivement contesté. En septembre dernier, l’Autorité environnementale – instance qui dépend du ministère de la Transition écologique – avait jugé « incomplète » l’étude d’impact concernant la plateforme flottante. En cause : la pollution sonore et visuelle, la consommation d’énergie des taxis volants mais aussi le risque pour la sécurité des passagers comme des Parisiens.

À la suite de ce rapport, les élus du Conseil de Paris avaient à leur tour rendu un avis négatif au mois de novembre 2023, dénonçant une « aberration écologique ». Sur France Bleu Paris, l’adjoint aux mobilités de la ville de Paris, David Belliard, regrette un projet « très cher » qui « va concerner uniquement les personnes les plus fortunées ». L’entourage d’Anne Hidalgo précise quant à lui que la maire de Paris va réfléchir à déposer un recours en justice contre l’arrêté. De leur côté, ADP et ses partenaires insistent sur « l’utilité » de ces appareils et promettent de proposer un jour des sortes d’ambulances volantes.

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