Une libellule (Sympetrum sanguineum). Photo d\'illustration.
Une libellule (Sympetrum sanguineum). Photo d’illustration. (NORBERT PACOREL / RADIO FRANCE)

Ce que ces chercheurs de l’Université de Saint-Louis, dans le Missouri, ont constaté, en observant des centaines de milliers de ces insectes c’est que plus le climat est chaud plus les libellules mâles voient leur couleur s’éclaircir. Cela s’explique aisément : la chaleur s’accumule plus facilement dans les ailes aux couleurs sombres des libellules et donc l’éclaircissement serait une adaptation nécessaire pour éviter une surchauffe qui pourrait être fatale.

Pourquoi cela ne concerne-t-il que les mâles ? Une des explications est que ces libellules passent beaucoup de temps au soleil, alors que les femelles préfèrent quant à elles se réfugier à l’ombre. Notez au passage que ce changement de couleur peut avoir un impact sur l’attirance exercée par de ces mâles sur leur congénères et donc à terme entraîner des difficultés de reproduction.

Dans une étude de 2014, parue à l’époque dans Naturedes chercheurs allemands et danois s’étaient penchés sur près de 500 espèces de papillons et libellules européens. Résultats de leurs travaux : statistiquement, les espèces les plus sombres étaient plus fréquentes dans les régions plus au nord, en Grande-Bretagne, Norvège, Finlande, là où les températures sont les moins élevées, alors que prédominaient au sud, sous les climats les plus chauds comme en Espagne ou en Sicile, des espèces revêtues de couleurs claires. Le lien est donc établi : plus le mercure augmente, plus l’habit s’éclaircit. Et surtout, dans cette même étude, ces scientifiques démontraient, en se concentrant sur les libellules, que les espèces les plus claires avaient gagné en territoire au fur et à mesure des années, les observations ayant été menées entre 1986 et 2006. 

D’avantage d’espèces claires et une progression de celles-ci vers le nord ont été observées alors que parallèlement les températures moyennes avaient augmenté durant la période  : « Le réchauffement climatique favorise les insectes clairs en Europe », concluaient les auteurs. Et le corollaire, c’est donc que ces animaux sont un marqueur de ce changement sous nos latitudes. La condition étant, pour l’observer à l’avenir, que ces espèces ne disparaissent pas totalement. En 2017, une étude publiée dans la revue PlosOne estimait que les populations d’insectes européens avaient diminué de près de 80% en moins de 30 ans.

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