En cette rentrée scolaire, selon l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), la principale association de familles de personnes avec handicap (intellectuel ou psychique), de nombreux enfants sont toujours privés de scolarisation adaptée à leurs besoins. Le temps scolaire devrait atteindre 12 heures par semaine mais la France est loin du compte puisque les enfants bénéficient très souvent de moins de six heures de scolarité. Cette situation est due au fait qu’en France, les instituts médico-éducatifs (IME) manquent cruellement d’enseignants.

Sabine est la maman de Titouan, 14 ans. L’adolescent est atteint d’une mutation génétique très rare et suit une scolarité en IME depuis ses 6 ans. « Une année, il n’a pas du tout eu accès à l’enseignement scolaire, raconte Sabine. Et dans son nouvel IME l’année dernière, il voyait l’enseignante deux fois par semaine une demie-heure. »

« Si notre fils avait pu suivre plus d’enseignement adapté, certaines choses serait plus faciles pour lui aujourd’hui : les codes sociaux, l’intégration dans la société notamment. »

Sabine, mère de Titouan, adolescent handicapé

franceinfo

L’exemple de Titouan est symptomatique de la situation que vivent des centaines de familles. Le fils de Natacha, Sacha, jeune autiste de 16 ans, a pu quant à lui suivre six heures de scolarisation par semaine l’an dernier. Mais ses parents ne l’ont obtenu qu’au prix d’un long combat quotidien. « Je me bats pour mon fils parce que je ne peux pas faire autrement, mais ce n’est pas normal qu’en 2021, avec toutes les lois sur le handicap qui ont été promulguées, on en soit encore à se battre pour cela », dénonce Natacha, très émue.

L’association Unapei ne peut que constater le désespoir de ces familles. En cette rentrée, près de 700 témoignages ont déjà été receuillis sur un site internet dédié. Le constat est sans appel : partout en France, il manque des enseignants. Dans le Val-de-Marne, où Jean-Baptiste de Vaucresson est responsable de cinq IME, il n’y a ainsi que huit enseignants pour 250 élèves.

« Nous restons les derniers servis en matière de postes de professeurs, explique Jean-Baptiste de Vaucresson. Pourtant, compte-tenu de leurs difficultés, les enfants qui sont inscrits dans nos instituts mériteraient la plus grande attention possible en termes de moyens, pour leur permettre une bonne scolarisation. » Cette situation est dénoncée depuis plusieurs années par l’Unapei qui attend toujours de pouvoir rencontrer des responsables de l’Éducation nationale.

Les instituts médico-éducatifs manquent d’enseignants, reportage de Valentin Dunate

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