Alors que les premières projections de la composition du nouveau Parlement sont publiées, franceinfo détaille les résultats du scrutin dans six pays de l’UE.

Un Parlement européen renouvelé. Quelque 373 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour les élections européennes, du jeudi 6 au dimanche 9 juin. En France, le Rassemblement national est arrivé en tête, devant la liste de la majorité présidentielle et celle du Parti socialiste-Place publique, selon une estimation Ipsos pour France Télévisions, Radio France, France 24, RFI, Public Sénat et LCP Assemblée nationale. Dans la foulée, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale.

Et chez nos voisins ? L’extrême droite s’est imposée dans plusieurs autres pays de l’UE, dont l’Italie et l’Autriche. Franceinfo résume les résultats du scrutin chez six de nos voisins.

En Allemagne, une victoire de la droite

Comme le prédisaient les sondages, la coalition gouvernementale allemande a encaissé une défaite dimanche soir. Le parti social-démocrate (SPD) du chancelier Olaf Scholz arrive troisième avec 13,9% des voix, selon les premières estimations nationales. Ses alliés, Les Verts, obtiennent 11,9%% des suffrages, et le Parti libéral-démocrate (FDP), 5,2%.

La droite est la grande gagnante du scrutin outre-Rhin. L’Union chrétienne-démocrate (CDU) et l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU), alliées au Parlement européen, récoltent ensemble 30% des voix, soit 30 sièges.

Après une campagne marquée par les polémiques, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) décroche 15 sièges d’eurodéputés, soit huit de plus qu’en 2019, selon les premières projections du Parlement européen. La formation arrive deuxième du scrutin, avec 15,9% des suffrages.

En Espagne, un revers pour le gouvernement socialiste

Moins d’un an après un coup de poker de Pedro Sanchez, qui s’est maintenu au pouvoir avec des législatives anticipées, le Premier ministre espagnol a été désavoué par les électeurs lors des européennes. La liste socialiste est arrivée deuxième du scrutin (30,2%), devancée d’une courte tête par les conservateurs du Parti populaire (34,2%). Le PSOE perd un siège au Parlement européen, passant de 21 à 20 eurodéputés, alors que le PPE comptera désormais 22 élus (contre 13 depuis 2019), selon les premières projections du Parlement européen.

Ce scrutin voit aussi les partis Ciudadanos et Podemos reculer. Le premier a perdu la totalité de ses huit sièges, quand le second passe de six à deux eurodéputés. Avec 9,6% des suffrages, la formation d’extrême droite Vox augmente nettement son score par rapport à 2019 (6,3%) et passe de 3 à 6 sièges.

En Italie, un succès pour Giorgia Meloni

Sans surprise, l’extrême droite est arrivée en tête en Italie. Le parti de la Première ministre, Giorgia Meloni, seule cheffe de gouvernement de l’UE à mener elle-même une liste pour les élections européennes, a obtenu 28,8% des suffrages, selon des estimations nationales relayées lundi matin par le Parlement européen.

Fratelli d’Italia s’impose devant le Parti démocrate (24%), de centre-gauche, et les populistes du Mouvement cinq étoiles (10%). L’autre formation d’extrême droite italienne, La Ligue, n’a récolté que 9,1% des votes, très loin des 34% obtenus en 2019.

Aux Pays-Bas, une alliance de gauche en tête

Chez les Néerlandais, l’alliance entre les Verts et le Parti travailliste devance ses adversaires, avec 21,6% des votes. Selon les estimations publiées par le Parlement européen, ces formations enverront, à elles deux, neuf députés à Strasbourg.

Après avoir remporté les législatives en octobre en faisant notamment campagne sur la promesse d’un « Nexit », une sortie des Pays-Bas de l’UE, la formation d’extrême droite de Geert Wilders a finalement retiré la proposition de son programme pour les européennes. Alors que le parti n’avait jusqu’ici qu’un représentant au Parlement, il enverra cette fois sept élus à Strasbourg, ayant récolté 17,7% des voix.

Les libéraux du VVD, alliés du PVV au sein de la nouvelle coalition gouvernementale néerlandaise, obtiennent 11,6% des suffrages et se classent troisièmes. Suivent les chrétiens-démocrates (9,7%), les sociaux-libéraux du D66 (8,10%) et le Mouvement paysan citoyen BBB (5,3%).

En Autriche, l’extrême droite domine

Les Autrichiens ont, eux aussi, été nombreux à voter pour l’extrême droite. Après avoir fait campagne contre « la crise de l’asile » et « la terreur écologiste », le Parti de la liberté (FPÖ), allié de l’AfD au Parlement européen, s’est hissé en première place dimanche, avec 25,7% des suffrages. 

A quelques mois des législatives en Autriche, le mouvement eurosceptique devance le Parti populaire (ÖVP). La formation de droite actuellement au pouvoir récolte 24,7% des voix, et perd deux sièges par rapport à la précédente mandature.

Les sociaux-démocrates du SPÖ obtiennent cinq sièges, soit autant qu’en 2019. Avec 23,2% des votes, ils restent proches de la droite au pouvoir et de l’extrême droite, selon les résultats provisoires. Les Verts, alliés de l’ÖVP au sein de la coalition gouvernementale, terminent quatrièmes (10,7%), après une campagne entachée par une polémique concernant leur tête de liste.

En Pologne, deux partis au coude-à-coude

La Coalition civique pro-européenne de Donald Tusk s’impose face aux ultraconservateurs du parti Droit et justice (PiS), mais d’un cheveu. La liste du Premier ministre polonais, ancien président du Conseil européen, obtient 37,1% des voix, selon les résultats définitifs. Le PiS, qui a perdu le pouvoir en octobre 2023, récolte de son côté 36,2% des suffrages.

Autre fait marquant des élections en Pologne : la troisième place du parti d’extrême droite Konfederacja (Confédération), avec 12,1% des voix. La formation, née en 2019, obtient six eurodéputés sur les 53 élus qui représenteront le pays.

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