« Je demande que les distributeurs augmentent les prix » du lait en France, a déclaré ce dimanche 7 août sur franceinfo Christiane Lambert, la présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricole (FNSEA), le premier syndicat agricole, alors que les producteurs subissent de plein fouet la sécheresse

franceinfo : Trouvera-t-on du lait à l’automne et cet hiver dans les supermarchés ?

Christiane Lambert : On en trouvera, mais il sera plus cher. Est-ce qu’on en trouvera assez ? Tout dépendra de la façon dont va se dérouler le pic de sécheresse. Mais je demande que les distributeurs jouent le jeu, qu’ils augmentent les prix de nos produits. En Allemagne, le lait coûte plus d’un euro, contre 74 à 78 centimes en France.

« Nous sommes le pays où le lait est le moins cher, ce qui est invraisemblable alors que toutes les charges augmentent. Il y a la sécheresse bien sûr, mais aussi la crise en Ukraine »

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA

franceinfo

Avec la guerre en Ukraine, le coût de l’alimentaire pour le bétail a augmenté, celui du carburant a doublé, le prix des engrais a été multiplié par trois. Donc nous arrivons à des niveaux de charges élevés.

Les autres cultures souffrent également de la sécheresse … Y a-t-il un risque de manque pour certains fruits et légumes ?

Nous ne manquerons pas de certains fruits, mais il y aura des prix plus importants en raison de la hausse des charges et de la moindre production, liée à la sécheresse et aux canicules. Avec les coups de chaleur, le mûrissement est arrivé extrêmement vite, et pour certains producteurs, les débouchés ne sont pas allés assez vite, ce qui a occasionné un encombrement du marché.

Le maïs est également très touché par la sécheresse …

C’est une plante qui a besoin d’eau maintenant, et nous allons subir des pertes extrêmement fortes. D’où l’importance de garder l’irrigation, pour sauver la production de certains fourrages. Je sais que c’est controversé, mais l’eau pour l’agriculture, c’est l’eau de l’alimentation. Je pense qu’il faut la raisonner différemment.

La stocker davantage, par exemple ?

Oui, lorsqu’elle est abondante. Nous avons eu des pluies diluviennes pendant plusieurs hivers, et si on stockait ne serait-ce que 10% de l’eau qui tombe du ciel, au lieu d’en stocker moins de 2%, on en aurait suffisamment. Il n’y a pas de débat sur les piscines et sur les golfs, on nous dit que c’est essentiel pour la rentabilité de ces installations. Et bien c’est essentiel pour la rentabilité des exploitations agricoles d’avoir de l’eau, pour faire du fourrage pour nourir les animaux.

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