Le projet porté par la photographe montpelliéraine Marielle Rossignol rassemble 180 clichés. L’exposition intitulée « Je voulais capturer la beauté que mes yeux voyaient » est à découvrir à la médiathèque Pierrevives.

France Télévisions – Rédaction Culture

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L'exposition "Je voulais capturer la beauté que mes yeux voyaient" est présentée à la médiathèque Pierrevives de Montpellier (Hérault) jusqu'au 27 juillet 2024. (MARIELLE ROSSIGNOL)

Ils sont arrivés en France il y a moins d’un an. Accueillis à Montpellier, ces jeunes réfugiés ont suivi des cours au lycée Léonard de Vinci. Grâce à la photographe Marielle Rossignol, ils ont pu participer à un projet peu ordinaire : partir avec un appareil photo jetable pour traduire, en photo, leur vision du territoire qui les accueille.

Le projet a abouti à l’exposition Je voulais capturer la beauté que mes yeux voyaient présentée à la médiathèque Pierresvives jusqu’au 27 juillet 2024. Une initiative qui va bien au-delà de la simple démarche artistique. « Quand on travaille en groupe, ça apporte beaucoup de plaisir », confie Hamdi.

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Exposition « Je voulais capturer la beauté que mes yeux voyaient » à la médiathèque Pierresvives de Montpellier. . (FRANCE 3 OCCITANIE / ML. Pariot / S. Karama / C. Calmels)

Lorsque les adolescents découvrent leurs photos accrochées aux murs de la médiathèque, c’est d’abord la fierté que l’on peut lire dans leurs yeux. Car ces 180 clichés exposés racontent à la fois leur vie d’avant et leur nouveau présent. Chacun d’eux a souhaité porter un regard presque documentaire sur la région qui les accueille. Des images toutes simples qui illustrent la France d’aujourd’hui. « J’ai pris cette photo d’un bâtiment parce qu’il y a des arbres et des statues », explique Mohammed-Aziz.

Ces adolescents viennent de Tunisie, du Maroc, de la Turquie, d’Ukraine, de Thaïlande ou de la Guinée-Conakry, et tous ont en commun d’avoir quitté leur pays pour rejoindre la France. Comme tous ses camarades, Yassine a traversé la mer, subi les camps et a vécu dans la rue avant de rejoindre cet atelier photo proposé par le lycée professionnel Léonard de Vinci. « J’ai passé un beau moment avec Marielle, j’ai aidé toute la classe et j’ai beaucoup travaillé pour ce projet », raconte le jeune garçon.

C’est en 2023 que la photojournaliste Marielle Rossignol initie ce projet en collaboration avec le lycée Léonard de Vinci. Aidée par l’équipe pédagogique et les professeurs de la classe français langues étrangères, elle rencontre une dizaine d’élèves qui souhaitent participer à l’aventure. Pour mieux les connaître, elle leur pose une première question : « quel est ton rêve ? ». Tous ou presque répondent instinctivement : devenir footballeur.

Un an et demi plus tard, le groupe compte dix-sept participants et s’ils ne sont pas encore passés professionnel du ballon rond, ils ont commencé à apporter des réponses à la question de Marielle en lançant des mots sur leurs histoires. « Je suis arrivé à Lampeduza. J’avais peur sur le bateau, mais j’ai oublié cette peur, car je suis en sécurité ici », ou encore « Ici, il me manque ma mère avant tout. Il me manque aussi les saisons qui sont différentes ». Et puis un jour, il y a cette phrase qui sonne comme un poème : « Je voulais capturer la beauté que mes yeux voyaient ». Elle deviendra le fil rouge de l’atelier.

À travers ce programme entièrement écrit en français, les élèves ont parlé d’eux, de leur voyage, de leur pays en guerre, de leur famille qui leur manque, de leurs souvenirs, de leurs regrets, de leurs joies, de leurs rêves.« Ça vaut le coup de leur laisser la parole et d’essayer de donner la place à leur regard sur leur terre d’accueil. J’espère envoyer un message de tolérance et de curiosité qui est plus que nécessaire par les temps qui courent », confie la photographe. Pour clôturer cette démarche de partage, Marielle Rossignol les a aussi photographiés, un à un, dans leur lycée.

Exposition « Je voulais capturer la beauté que mes yeux voyaient » à la médiathèque Pierresvives de Montpellier jusqu’au 27 juillet 2024.

Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h

Entrée libre

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