Pourquoi faut-il payer pour voir les animaux ?

Muriel Arnal : Aujourd’hui, dans les zoos, les animaux sont des produits : c’est un lieu de plaisir et de divertissement pour le public.

Baptiste Mulot : Si on veut financer les programmes de conservation, les associations et les gouvernements, il faut de l’argent. Cet argent vient des visiteurs, de la restauration, de la boutique. Et plus il y a de visiteurs, plus il y a d’argent.

Les enclos sont-ils adaptés aux besoins des animaux ?

Muriel Arnal : Les aménagements sont faits pour émerveiller les visiteurs. Les animaux passent complètement au second plan.

Baptiste Mulot : Aujourd’hui, il y a beaucoup de zoos avec des enclos très naturels, où l’animal est difficilement visible. Et même dans des zoos moins naturels, on pense toujours l’enclos en fonction du bien-être de l’animal mais aussi, évidemment, en fonction du visiteur. 

Les zoos font-ils avancer la recherche ?

Muriel Arnal : Les zoos permettent de faire avancer la recherche sur les animaux captifs, pas sur les animaux sauvages libres. Si on veut faire de la recherche sur des animaux libres, on va les observer dans la nature. 

Baptiste Mulot : L’étude dans le milieu sauvage et en parc zoologique sont toutes les deux importantes, parce qu’on n’étudie pas les mêmes choses. En milieu sauvage, on étudie les mouvements de population, les interactions de groupe, les modes de nourrissage… En parc zoologique, on apprend les méthodes de déplacements, les moyens d’interaction, les voies de communication.

La réintroduction en milieu sauvage est-elle possible ?

Muriel Arnal : Quand on veut remettre un animal dans la nature, il faut des conditions extrêmement spécifiques, sans aucun contact avec les humains. Ce n’est pas en les maintenant en captivité qu’on va les sauver.

Baptiste Mulot : Les réintroductions ne sont pas impossibles : nous avons réintroduit des gorilles, des condors des Andes, des langurs de Java… Le cheval de Przewalski, qui n’existait plus du tout dans le milieu naturel, a été réintroduit grâce aux parcs zoologiques. On a aujourd’hui une population de quelques centaines d’individus dans le milieu naturel. Par contre, c’est compliqué et c’est pour ça que ce n’est pas forcément le travail des parcs zoologiques.

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