Ils ou elles sont informaticien, enseignante, retraité… Ils habitent Toulouse, Montpellier ou la région parisienne. Pour « Complément d’enquête », ils ont accepté une mission : pendant sept semaines, ils ont navigué sur des sites internet identifiés comme véhiculant des contenus trompeurs par de multiples organismes de vérification de l’information.

Des sites suggérant que le jus de carotte peut guérir le cancer, ou prétendant que la famille Rothschild contrôlerait la Banque mondiale et le gouvernement américain… Entre mai et juin derniers, à la demande des journalistes, ces citoyens ont réalisé des captures d’écran de toutes les publicités qui s’y affichaient. Ils les ont envoyées à Aude Favre et Sylvain Louvet, qui signent un document à voir le 2 septembre 2021 dans « Complément d’enquête ».

Pour leur enquête sur le financement des « fake news », ceux-ci avaient remarqué qu’ils tombaient sur les pubs pour de grandes marques à chaque fois qu’ils consultaient un site spécialisé dans la diffusion de fausses informations. Sur le site américain Breitbart, par exemple, qui considère le réchauffement climatique comme « un mythe », Orange promeut une application de transfert d’argent…

Comment de grandes marques peuvent-elles s’afficher à côté de « fake news » ? Sur le web, les annonceurs ciblent un public, sans forcément choisir les médias sur lesquels leurs campagnes vont apparaître. Des pubs personnalisées suivent ensuite le consommateur au gré de sa navigation sur le net… 

Une expérience d’une ampleur inédite

Quelles sont les marques françaises qui financent, par le biais de la publicité, des sites complotistes ou de désinformation ? Pour en identifier un maximum, « Complément d’enquête » a lancé cette expérience d’une ampleur inédite. Pour constituer ce panel de tous âges et de tous milieux sociaux, les journalistes ont lancé un appel sur les réseaux sociaux en avril 2020. 

Au bout de ces sept semaines d’expérience, ils ont pu établir un classement des marques françaises les plus présentes sur la vingtaine de sites de désinformation consultés par leur panel entre mai et juin 2020.

Voici leur top 5.La Poste : 173 publicités ; Bouygues Telecom : 195 ; Paypal : 198 ; Orange : 205 ; Abritel : 545.

Contacté, le spécialiste de la location de vacances et leader du classement a fait savoir ceci : « Nous appliquons des contrôles stricts de sécurité pour nous assurer que nos annonces ne sont pas diffusées sur des sites dont le contenu serait inapproprié. Dans les cas où nous remarquons la présence de nos annonces publicitaires sur des sites contraires à nos valeurs, nous prenons les mesures adéquates de blocage de ces pages. » Une réponse à peu près identique a été fournie par la plupart des marques – mais seulement par mail. 

Extrait de « Fake news, la machine à fric », un document à voir dans « Complément d’enquête » le 2 septembre 2021.

> Les replays des magazines d’info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS Android), rubrique « Magazines« .

Source

D'autres articles pour vous