Greffer un rein de porc, le temps que le fœtus se développe correctement, pourrait sauver la vie des bébés atteints du syndrome de Potter. Des chercheurs japonais souhaiteraient dans les prochains mois s’attaquer à cette maladie, qui prive entièrement le fœtus de reins.

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L'espérance de vie des bébés naissants avec le syndrome de Potter n'est que de quelques heures. (photo d'illustration) (EMMA BUONCRISTIANI / MAXPPP)

Les médecins avaient beaucoup parlé l’an dernier de la greffe expérimentale d’un rein de porc sur un humain qui se trouvait en état de mort cérébrale, aux États-Unis. Le rein avait fonctionné pendant deux mois et ce succès avait suscité beaucoup d’espoir pour les patients en attente de greffe d’organes. Cette semaine, des chercheurs japonais ont annoncé qu’ils allaient tenter de greffer un rein de porc mais cette fois sur un fœtus humain vivant. 

Ce serait une première mondiale dans le domaine de ces xénogreffes sur lesquelles travaillent les chercheurs un peu partout dans le monde. Les xénogreffes consistent à transplanter un organe d’une espèce biologique différente de celle du receveur. C’est l’une des réponses de la recherche à la grave pénurie de dons d’organes.

Il y a eu dans le passé beaucoup d’expériences de greffes d’organes de singes sur des humains. En ce moment, il y a plusieurs essais pour essayer de greffer des reins ou même des cœurs de porcs sur des patients condamnés à court terme. Souvent, il s’agit de cochons qui ont été modifiés génétiquement pour réduire au maximum les risques de rejet de l’organe par le corps humain.

Actuellement, au Japon, les médecins veulent tenter cette procédure sur un fœtus. Ils veulent essayer de sauver les bébés qui souffrent d’une maladie grave, le syndrome de Potter. Ces fœtus n’ont pas de reins et ne peuvent donc pas produire d’urine. Cela provoque une altération de la poche de liquide amniotique dans laquelle ils grandissent et bloque par exemple la croissance de leurs poumons.

Ce syndrome est extrêmement rare mais très grave. L’espérance de vie des bébés qui naissent avec le syndrome de Potter est seulement de quelques heures. Donc l’idée des chercheurs japonais est d’intervenir très tôt, directement dans le ventre de la mère. Ils tentent d’y greffer, sur le fœtus du bébé, le rein d’un fœtus de porc, un minuscule organe de deux millimètres de long. Il est prévu ensuite de retirer ce rein de cochon quelques semaines après la naissance, lorsque le bébé sera suffisamment résistant pour supporter des dialyses.

Ces chercheurs de l’École de médecine de l’université Jikei et du Centre national pour la santé de l’enfant n’ont pas encore donné de calendrier. Le sujet est très délicat sur le plan éthique et ils veulent obtenir le feu vert de toutes les autorités japonaises avant de tenter l’opération, qu’ils espèrent pouvoir faire dans les prochains mois.

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